

Une toute petite lettre, un ‘c' minuscule, pour la plus grande des vitesses ! Sans doute la seule constante fondamentale connue de tout un chacun – au moins de nom. Pour les professeurs de physique, l'occasion d'épater leur auditoire en annonçant d'un trait : « 2-9-9-7-9-2-4-5-8 »… Et si le mètre n'est pas content, c'est lui qui devra changer !
Présente en électromagnétisme, en relativité, en quantique, c est approchée ici presque naïvement, en tant que vitesse, au fil d'une dizaine de chapitres : que fait-on d'une vitesse ? on la mesure, on l'interprète… On commence donc par « Prendre la mesure de c » (infinie ? finie ? universelle ? arbitraire ? absolue ?) ; dans une deuxième partie, on se demande « De quoi c est-elle la vitesse ? (lumière, corpuscule, onde électromagnétique (OEM), onde gravitationnelle) : la troisième partie met en rapport c avec les théories de la relativité et la physique quantique, pour terminer par un clin d'oeil : « Qu'est-ce que c ? ».
L'auteur, en vulgarisateur expérimenté, a le souci de donner une bonne place à l'histoire des sciences, et de « mettre l'accent sur les idées et non sur les calculs » ; cela rend la lecture accessible et instructive aux non spécialistes, d'autant que de nombreux schémas facilitent la compréhension de concepts pas toujours immédiats.
Le dernier tiers de l'ouvrage est consacré à des notes, des annexes explicatives de points particuliers, un index et un glossaire bien utiles, et une bibliographie conséquente, sans oublier un sommaire précis correspondant à la structure bien organisée du propos.
Ce livre original se révèle efficace et sa lecture permettra aux uns de faire une synthèse de leurs connaissances, à d'autres de découvrir la longue progression de la connaissance de ‘c'.
Article de Jean Dervieux
Etudes magazine
Rédigé le Lundi 8 septembre 2014
Le dernier livre de Jean Perdijon, physicien, s’intéresse à l’incompatibilité apparente des deux théories cadres de la physique d’aujourd’hui, la Relativité et la Théorie quantique.
Après avoir brièvement exposé l’histoire de chacune, il les compare de manière systématique, pour faire ressortir les différences : la Relativité est réaliste, au sens où elle suppose l’existence d’un monde matériel indépendamment du sujet connaissant, alors que la Théorie quantique penche vers l’opérationalisme,
qui s’attache seulement aux faits observables. La première est déterministe, et privilégie une approche continuiste des phénomènes physiques, la seconde non.
La première admet le principe de localité, qui interdit l’action instantanée à distance d’un système physique sur un autre, la seconde non. Suite à cette comparaison, J. Perdijon prend position en privilégiant la Relativité. Ainsi, selon lui, il est possible de proposer une nouvelle interprétation des expériences EPR qui évite de conclure à la non localité. On peut cependant regretter que l’ouvrage n’explique pas assez ce point en détail. Pour finir, J. Perdijon critique le dogmatisme de la philosophie opérationnaliste en physique théorique, considérant que c’est là l’une des causes de son manque de progrès depuis un demi-siècle.
Ces formules qui en savent plus que nous
Ebook : Le quantique : un paradoxe de la relativité ? Ces formules qui en savent plus que nous

